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MOI... JE...

partage des biens

Dans ce nouveau millénaire où tout semble possible, on oublie souvent de se recentrer sur les vraies questions. Moi je veux, moi je suis.
Après avoir pris conscience de son homosexualité, on part en quête, comme au fond, un grand nombre d'hétéros, de l'âme sour. Une fois celle-ci trouvée, la construction et la solidification du couple peuvent commencer. On achète une maison, on se présente aux familles respectives, et vient un jour la question de l'union, du mariage ! On pourrait parler bien sûr, de la teneur symbolique du mariage, mais soyons un peu réalistes, dans une société où le divorce est la finalité des 1/3 des couples mariés, mettons de côté nos croyances non moins louables, mais un brin utopiques, et concentrons-nous sur les vraies raisons du mariage :

- Partage des biens
- Avantages sociaux (allocations.)
- Allègement fiscal...
- Héritage
- Accès à la nationalité de l'autre
- Droit à l'adoption (et à l'insémination artificielle pour les lesbiennes)

Tout couple, qu'il soit hétéro ou gay, se pose un jour cette question : et si on se mariait, ça ne serait pas plus simple ? Après tout, on s'aime, on vit ensemble. On est un couple, alors autant être officiellement reconnu comme tel (et avoir les avantages qui en découlent) !

Jeu d'entrelacement des questions existentielles et pratiques, cette idée de mariage a germé dans l'esprit des nouveaux gays. Qu'entendons-nous par nouveaux gays ? Les jeunes homos qui n'ont pas forcément milité pour leurs droits, qui n'ont pas été obligés de se cacher pour vivre leur penchant sexuel et affectif. Même si leurs ancêtres gays leur ont laissé un monde bien plus enclin à la tolérance sexuelle, ils leur ont laissé une tâche bien plus ardue encore.

Par le passé, être homosexuel était synonyme d'être à part, différent. Pouvoir vivre sa relation sans encombre était déjà un combat de tous les instants où les secrets, les rencontres cachées rythmaient les existences. Puis, avec la nouvelle vague gay et l'évolution des mours, être gay a vite relevé d'un fait social comme un autre. On peut vivre sa vie comme n'importe qui d'autre, se montrer ensemble au grand jour.

Mais depuis quelques années, le cheminement personnel gay côtoie une nouvelle étape. Celle de la construction d'une famille et la reconnaissance officielle du couple. Bien beau que d'être accepté par le voisin, mais quand est-il de son pays, de l'État que l'on nourrit à grands coups d'impôts ? Pas grande chose pendant longtemps.

Certains pays se sont donc concentrés sur la question. Qu'en est-il ressorti de ces débats acharnés ? Des alternatives, parfois des solutions. Les mariages gays dans certains pays, le PACS en France. Enfin reconnus par la société, les gays pensaient avoir la vie plus simple, ou du moins, avoir accès au même genre de vie que n'importe qui, qu'il soit gay ou hétéro. Et il est vrai que cette avancée sociale a permis de grandes choses non négligeables dans la vie des gays : avoir officiellement des biens en commun, être reconnu comme un couple, avoir des avantages (carte SNCF.), mais la question des enfants, de l'héritage et en fin de compte, l'accès à tous les privilèges d'un mariage en bonne et due forme s'est vite imposée.

Les contrats civiques de concubinage n'ont permis de ne débloquer qu'une partie de ce laxisme tarabiscoté. Porter le même nom de famille que l'autre, pouvoir adopté, ou être reconnu comme le parent de l'enfant de son conjoint. Voilà des questions sans solutions auxquelles se sont heurtés les gays de la nouvelle vague.

Bien beau de vouloir nous donner des solutions, quand on ne touche, en fin de compte, que du bout des doigts les possibles de vie, et même pire, qu'on voit en observateur frustré les choses auxquelles on ne peut avoir accès.

Pas questions ici de soulever le mariage religieux, ni même d'aborder les questions des psychologues concernant l'éducation d'un enfant adopté dans un milieu homosexuel. Pas non plus question de confronter les deux parties gays qui s'opposent (ceux pour et ceux contre le mariage), ni de soulever la notion du mariage gay dans une société qui prône l'égalité entre les êtres, alors qu'elle démontre pourtant à travers le refus du mariage gay l'inverse de son idéologie.

Ici, la seule question qui se pose est : Et si l'on désire se marier.Peut-on se marier quand on est gay ?
Si oui, a-t-on accès aux mêmes droits qu'un hétéro ?
Si non, quelles sont les alternatives, et s'il y en a, quelles sont leurs avantages et leurs inconvénients ?

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